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Appel à communications - Monastir les 29 et 30 novembre 2013

Appel à communications - Monastir les 29 et 30 novembre 2013

Regards croisés des journalistes des deux rives de la Méditerranée
Retour critique sur la couverture médiatique du « printemps arabe »

UFR Langues Appliquées, Commerce et Communication (LACC)
Laboratoire Communication et Solidarité
Institut Supérieur des Langues Appliquées de Moknine
Unité de Recherche en Technologie de l’Information et de la Communication à l’Institut de Presse et des Sciences de l’Information

Présentation

Depuis bientôt trois ans, on ne compte plus les travaux et rencontres scientifiques sur le « printemps arabe » et sur le rôle supposé déclencheur des médias dans cet évènement sans précédent. Les révolutions arabes, dites « révolutions Facebook » ou « web2.0 », représentent sans nul doute un moment charnière dans l’histoire contemporaine de l’ensemble des pays arabes et par conséquent dans celle des relations euro-méditerranéennes. Elles constituent pour nous un terrain d’observation idéal pour confronter les couvertures de l’évènement par les médias de part et d’autre de la Méditerranée.

Le colloque Regards croisés des journalistes des deux rives de la Méditerranée aura lieu dans le pays même où tout a débuté en décembre 2010 ; trois ans après, il se propose de rendre compte et de confronter la façon dont les divers médias, en Europe et dans les pays arabes, ont couvert les mouvements de contestation. En effet, à l’abri du feu de l’actualité, il est nécessaire aujourd’hui de tirer profit du relatif recul dont nous disposons pour faire l’examen analytique et critique des médias traitant du printemps arabe. Ce sujet passionnant induit le traitement d’un autre thème à savoir les opinions publiques auxquelles ces médias s’adressent.
Quels regards ont été portés par les journalistes européens - ou plus généralement occidentaux- sur ces évènements ? Que peut-on dire du traitement de cette actualité par les journalistes des différents pays et médias arabes ? Ces positionnements ont-ils évolué au fil des mois et des années jusqu’à aujourd’hui ? Comment les différents médias dans le monde ont-ils couvert la révolution ? L’onde de choc libertaire a-t-elle gagné les médias en Afrique par exemple ? Et enfin : Après plusieurs années peut-on penser que les journalistes des deux rives de la Méditerranée ont été marqués par cet évènement, et si oui de quelle manière ?
C’est à ces différentes questions qu’universitaires, journalistes et « cyber-journalistes » seront invités à répondre.

Axe 1 – Avant et pendant la révolution : dans quelle mesure les sociétés civiles arabes étaient-elles visibles dans les médias ?

Il est important de revenir à la « préhistoire » des révoltes arabes et à la place des médias dans ce contexte. Depuis plus de quinze ans, les usagers des médias arabes ont été, dans une certaine mesure, affranchis de la doxa étatique grâce aux chaînes satellitaires qui ont contribué à façonner un système télévisuel où une émulation fut à la base de changements des productions télévisuelles à un niveau national. Les talk shows politiques et les émissions religieuses remettaient à plat une vision verticale de la parole du prince ou du représentant de l’Islam officiel (devenu représentant officiel de l’Islam). Puis, l’éclosion de journaux alternatifs et de blogs depuis le milieu des années 2000 ont dessiné les contours de sociétés très soucieuses de s’affranchir des élites dirigeantes en place. Les réactions de soutien de journalistes ou de blogueurs à leurs congénères emprisonnés en étaient des indices, les « manifestations Facebook » en Egypte en 2008 des signes avant-coureurs.

En Europe, dès lors que nous parlons des réseaux sociaux dans les régimes autoritaires, on ne parle pas de ces réseaux sociaux comme les millions d’espaces en partage de communautés plurielles, on ne parle pas d’espaces privés – ou « extime » pour reprendre Serge Tisseron – mais bien de menaces potentielles à l’ordre établi. Les espaces communautaires finissent là par s’agréger pour devenir des espaces publics nationaux voir panarabes (la place Tahrir en est devenu le lieu symbolique). Finalement, l’intrusion d’Internet dans les espaces privés a-t-elle le même caractère dans toutes les sociétés ? C’est à la faveur des révoltes arabes que des mouvements sociaux de fond ont été rendus visibles dans les médias en Europe. Universitaires et journalistes dresseront un panorama des médias arabes avant et pendant la révolution, et s’interrogeront sur la visibilité de la contestation dans les différents médias. Certains discours, certaines figures émergeront : il sera particulièrement intéressant de confronter les contenus pour mettre en exergue les points de convergence et les visions contrastées de part et d’autre de la Méditerranée.

Axe 2 - Après la révolution : La visibilité accrue des espaces de contestation dans les pays arabes… et dans le monde

Symboliquement, les médias internationaux, en se faisant les relais bienveillants des révolutions ont apporté visibilité et crédit aux espaces politiques de contestation dans les pays arabes. L’onde de choc de la révolution de Jasmin en Tunisie, de ce fait, a dépassé l’espace arabe pour toucher les opinions publiques internationales, les obligeant à une posture réflexive. Les mouvements sociaux qui ont explosé place Puerta Del Sol à Madrid en mai, et qui ont émergé de la plateforme Internet « Democracia real ya » (une vraie démocratie maintenant) reprenant les mots d’ordre des révolutions arabes pour rejeter la politique d’austérité ; ou la réaction du régime chinois, toujours plus soucieux de contrôler Internet, dès le début des mouvements en Tunisie en sont des exemples.
Ainsi, la couverture des mouvements dans les médias du monde ont, paradoxalement, apporté un sceau d’authenticité à des « espaces publics légitimes » autrefois considérés comme des espaces publics de substitution, de contestation face à des Etats bien en place.
Pourrait-on aller jusqu’à penser que les révoltes ont corrigé le regard des journalistes sur les pays arabes ? Dans quelle mesure ? En contrepoint, les acteurs médiatiques arabes ont-ils communiqué de façon à coller aux attentes des médias internationaux ou ont-ils au contraire traduit le mécontentement populaire de façon inédite ?

Axe 3 - Les médias et les opinions publiques en Europe, aux Etats-Unis et dans les pays arabes

Un fossé numérique sépare sans doute les populations à un niveau global ou régional distinguant les pays riches des pays pauvres. A un niveau national, ce fossé existe aussi : l’usage des nouveaux médias semble être l’apanage de la figure idéal-typique (donc quelque peu réductrice) d’un jeune, urbain, plutôt éduqué à l’inverse de la figure, non moins schématique, d’un individu plus âgé, analphabète et résidant loin d’un centre urbain. "Dis-moi qui tu es, je te dirai quel usager des médias tu es". Dans le cas des récepteurs et des usagers d’Internet, il ne fait pas de doute que les identités religieuses, politiques, ethniques et sociales sont des matrices analytiques précieuses à une compréhension plus fine de l’usage des nouveaux médias. Quoi qu’il en soit, la disponibilité de l’information dans les sociétés arabes, le relais de leaders d’opinion toujours plus ouverts sur le monde, rend l’opinion publique toujours plus critique et exigeante.
Surtout, l’opinion publique arabe est enfin incarnée aux yeux des opinions publiques en Europe et aux Etats-Unis où elle est l’objet de toutes les attentions, particulièrement depuis le 11 septembre 2001.

Axe 4 : Les apports du Printemps arabes : regards croisés de journalistes, de blogueurs (table ronde)

Au troisième anniversaire du printemps arabe, il est pertinent de voir ce qu’a apporté le printemps arabe aux journalistes de médias, publics ou privés, nouveaux ou traditionnels, et aux lignes éditoriales diverses. Les médias traditionnels tels que la presse ou la télévision qui restent centraux pour les usagers cohabitent avec les nouveaux médias. Comment penser cette confluence médiatique ?
Qu’ont révélé des révoltes arabes sur la convergence des différents médias et acteurs de l’information ? Qu’ont-elles dit sur l’usage des nouveaux médias par les journalistes ? Ont-elles eu un effet sur l’attention prêtée par les médias aux opinions publiques ? Quels écueils les journalistes doivent-ils éviter pour favoriser des échanges dans l’esprit des mouvements de libéralisation ?, etc., sont autant de questions qui seront traitées par les journalistes des deux rives de la Méditerranée. Elles se résument en une question :
Quelles leçons les journalistes peuvent-ils tirer du traitement des révoltes arabes ?

Programme du colloque

APPEL A COMMUNICATIONS

Les chercheurs sont appelés à envoyer un résumé (300 à 500 mots) de présentation, originale et non publiée pour LE 11 MARS 2013 à Tourya Guaaybess et Borghol Mohamed Saad.
Dans la mesure où les propositions sont analysées en aveugle, les informations personnelles doivent être rassemblées sur la première page, le résumé commencera sur la page suivante.
Le comité scientifique examinera les propositions qui feront l’objet d’une communication et d’une publication à paraître rapidement après le colloque.
Les articles peuvent être écrits en français, en anglais ou en arabe. Ils devront impérativement être rendus avant le 3 SEPTEMBRE 2013.

Contacts  :

  • Tourya Guaaybess, Maître de conférences à l’Université Clermont Ferrand
    Tourya.GUAAYBESS@univ-bpclermont.fr
  • Borghol Mohamed Saad, Maître Assistant à L.i.slam ,Université de Monastir
    Borghol_s@yahoo.fr

Comité scientifique

  • Agbessi Eric, Maître de conférences spéc. civilisation américaine, Université Blaise Pascal.
  • Boufaid Nour, Maître Assistant, littérature arabe, Université de Monastir
  • Dacheux Eric, Professeur infocom, Université Blaise Pascal Gonzalez-Quijano Yves, Maître de conférences, civilisation arabe et sciences politiques, Université Lyon2
  • Guaaybess Tourya, Maître de conférences Infocom, Université Blaise Pascal
  • Harzallah Salah Mohamed, Maître Assistant , Civilisation Irlandaise, Université de Monastir
  • Mercier Arnaud, Professeur Infocom, Université de Lorraine
  • M’henni Mansour, Professeur en littérature française, Université Tunis Al Manar
  • Naija Hichem, Maître Assistant, Université de Monastir, Directeur de l’Institut Supérieur des Langues Appliquées de Moknine.
  • Sanmartin Olivier, Maître de conférences, Ecole Publique de Journalisme de Tours, Université François Rabelais.
  • Thibon Jean-Jacques, Maître de conférences, Civilisation arabe, Université Blaise Pascal
  • Zran Jamel, Maitre de Conférences, directeur URTIC, Université de la Manouba

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