Colloque Mendoza : Multiculturalité et diversité dans l'économie sociale et solidaire

Colloque Mendoza : Multiculturalité et diversité dans l'économie sociale et solidaire

Colloque International à Mendoza (Argentine) les 15, 16 et 17 Avril 2015 : Multiculturalité et diversité dans l’économie sociale et solidaire

Appel à communications

L’objectif de ce colloque international est de favoriser la comparaison internationale de travaux théoriques et de recherches interdisciplinaires sur le rôle des initiatives d’économie sociale et solidaire joué dans les récentes conceptions du développement et notamment du nouveau paradigme du développement territorial.
Il s’agit donc, à partir des pratiques locales ou nationales, de rendre compte des liens entre pluralité économique, pluralité culturelle et espace public démocratique et de l’importance que prend la communication pour renforcer les nouvelles stratégies de développement.
Le débat académique autour de ces thématiques tentera d’apporter une plus grande compréhension de la réalité de nos sociétés marquées par une crise économique majeure et une défiance de plus en plus forte vis à vis des gouvernants et des institutions traditionnelles.

Les axes thématiques du colloque proposés sont :

Axe 1 : Multiculturalité et diversité dans l’économie sociale et solidaire

L’économie sociale et solidaire (ESS) embrasse toutes les pratiques économiques qui ont comme finalité la reproduction sociale du travail basée sur des principes de solidarité et de respect, du travail associatif et en autogestion, où les valeurs du vivre ensemble priment sur le profit.
L’ESS, en tant que réalité internationale, s’inscrit pleinement dans le mouvement de multiculturalisme et de diversité économique, politique et culturelle à travers la variété de ses pratiques, de ses actions, de ses réseaux internationaux comme le Réseau International de Promotion de l’Economie Sociale et Solidaire (RIPESS) qui, tous les quatre ans, organise les rencontres mondiales « globalisons la solidarité ».
Dans cet axe, il s’agit de s’interroger sur la notion, les valeurs, les organisations et les pratiques d’économie sociale et solidaire dans un contexte de diversité, de multi-culturalité ; de comprendre comment l’ESS peut être considérée comme une économie démocratique d’intérêt général, une économie de la diversité et du lien social ; de pouvoir discuter sur la portée, les possibilités et les obstacles pour son instauration comme modèle alternatif au système capitaliste. Enfin il s’agira aussi de réfléchir sur les différentes modalités du bien-vivre dans un contexte mondial en perpétuelle évolution.
Les questions qui se posent sont les suivantes : en quoi l’ESS incarne-t-elle une diversité dans ses pratiques, dans ses réseaux et membres, dans le statut de ses organisations ? Peut-on parler de multi-culturalité économique, politique voire culturelle dans le cadre de l’ESS ? Propose-t-elle une nouvelle perspective de mise en œuvre du multiculturalisme dans le contexte d’une remise en question de plus en plus accrue ?

Axe 2 : Communication et démocratie de l’économie sociale et solidaire

Face au défi, pour la démocratie, de la recomposition plurielle des identités culturelles, la globalisation répond de manière uniforme : instaurer partout ce que Polanyi nomme une « société de marché », c’est-à-dire une société où la recherche de sens, la production des biens et des services et l’élaboration des normes communes obéissent à un principe unique : la maximisation de l’utilité individuelle. Or cette tentation est dangereuse pour la démocratie, puisque seule la pluralité permet de gérer le défi de l’altérité. Dans ce deuxième axe, il s’agit donc d’analyser la manière dont les initiatives solidaires (définies comme les engagements citoyens à démocratiser l’économie) parviennent (ou non) à combattre cette uniformité culturelle, économique et politique. Dans cette perspective deux éléments distincts mais complémentaires méritent d’être étudiés avec attention. D’une part, la communication interne des initiatives solidaires : est-elle réellement démocratiques, parvient-elle à créer un espace public interne ou au contraire reproduit-elle le management interne des entreprises ? Parvient-elle à intégrer la diversité sociale et culturelle de tous les acteurs impliqués, population marginalisées y compris ? Si oui comment ? Sinon pourquoi ? D’autre part, la communication externe des initiatives solidaires : ces initiatives se font elles entendre dans l’espace public local et/ou dans l’espace public national ? Les médias de masse rendent-ils compte de ces initiatives ? Ces initiatives parviennent-elles à former ensemble un réseau qui influence les acteurs politiques ?

Axe 3 : L’ESS et le développement

Les recherches réalisées en Amérique Latine, Europe et Amérique du Nord autour de l’économie sociale et solidaire (ESS) montrent qu’au-delà de l’économie de marché et de l’économie publique, il existe des activités et des organisations à caractère communautaire et associatif. Ainsi, l’ESS cherche à transformer l’économie afin d’améliorer les conditions de vie et le bien-être général.
L’économie sociale et solidaire repose sur des valeurs humaines et des principes de solidarité, qui soutiennent la reconnaissance de l’autre comme fondement de l’action humaine et comme point central de la rénovation politique, de l’économie et de la société. Cette réalité démontre que la quête d’un développement focalisé sur « l’économie de marché », qui est restée l’approche hégémonique et prédominante, ne suffit pas. Nous avons affaire à quelque chose de plus complexe, profondément axiologique, multidimensionnel, constructiviste, qualitatif dans son essence et intangible.
Dans cet axe la volonté est de débattre sur le rôle de l’ESS dans les nouvelles conceptions du développement et spécialement dans le paradigme du développement territorial qui réaffirme la nécessité de prêter attention au territoire comme celui où se produit l’interaction des facteurs historiques, sociaux, culturels, politiques, économiques et environnementaux.
Ainsi, cette réflexion est mise en avant dès 2007 par l’Agence Territoriale Européenne en promouvant le développement territorial, et par le Traité de Lisbonne dans lequel est défini le cadre juridique et les instruments nécessaires pour faire face aux défis du futur en se référant à la recherche de cohésion territoriale, au respect des droits de l’homme et à l’établissement de nouveaux mécanismes de solidarité et de protection pour ses citoyens.

Le « vivre ensemble » concept à l’origine éminemment français, peut se résumer pour ce colloque de la manière suivante : comment trouver un bien-être collectif dans une société démocratique où l’autonomie est une valeur centrale ? Comment organiser, dans un territoire donné, une intelligence collective conciliant diversité des aspirations individuelles et nécessité de veiller aux biens communs, diversité des cultures et nécessité de partager une culture politique commune ? Dans le cas de l’Amérique Latine, les derniers apports sur ce thème sont fournis par A.Massiris qui mentionne que depuis la perspective territoriale, le développement, non seulement doit être pensé depuis la considération des potentiels productifs qu’il offre au patrimoine naturel et culturel existants, sinon, fondamentalement, depuis les demandes que la société propose en terme de « bien vivre ».

La notion du « Buen vivir » (SUMA QAMAÑA en quechua) est issue de la cosmovision des peuples autochtones d’Amérique-latine. Elle renferme les idées de : réciprocité, solidarité, complémentarité, communauté, justice et équilibre dans l’échange avec la nature. Ceci implique la pleine satisfaction des nécessités matérielles et spirituelles ainsi que la protection et/ou la mise en place de conditions environnementales propices à une vie longue et saine pour les prochaines générations, mais aussi à une nouvelle culture politique et administrative dans laquelle se retrouvent les valeurs humaines essentielles comme l’honnêteté, la solidarité et la bonne gouvernance.
Cette question du « bien vivre ensemble » traversera les trois thématiques du colloque.

De quelle manière l’ESS peut encourager ces stratégies de développement endogène ? Comment rendre effective la complémentarité entre Economie sociale et solidaire, Marché et Etat ? Est-il possible de parvenir à un consensus d’intérêts en fonction d’une vision territoriale partagée ? Ou l’ESS peut se développer seulement dans le cadre d’un modèle alternatif ? Ce sont quelques-unes des questions qui motiveront les débats.


Colloque organisé par le CIFOT Institut de Cartographie, Recherche et Formation pour l’Aménagement du Territoire, (Instituto de Cartografía, Investigación y formación para el Ordenamiento Territorial) au sein de la Faculté de Philosophie et Lettres (FFyL) de l’Université Nacional de Cuyo à Mendoza et le laboratoire Communication et Solidarité EA 4647, hébergé par l’UFR Langues Appliquées, Commerce et Communication (LACC) de l’Université Blaise Pascal (UBP) à Clermont Ferrand.

Calendrier

La date limite de réception des propositions de communication est fixée au 1er octobre 2014. Ces propositions, en français, anglais ou espagnol, d’au maximum 1200 mots et précisant le sujet, la méthodologie et le cadre théorique, doivent être envoyées par courrier électronique aux adresses suivantes :
colloque.mendoza@univ-bpclermont.fr et contacto@cifot.com.ar

Le Comité scientifique fera parvenir sa réponse aux auteurs le 15 novembre 2014.
Les textes définitifs devront parvenir avant le 15 mars 2015.

Le comité scientifique se compose de :

  • Nicolas Chochoy, Institut Jean-Baptiste Godin, Amiens
  • Ana Dubeux Université Fédérale Rurale de Pernambouc, Brésil,
  • Jean-Louis Laville, CNAM Paris
  • Bruno Frère, Université de Liège, Belgique
  • Mauricette Fournier, Université Blaise Pascal, Clermont Ferrand
  • Patrick Gianfaldoni, Université d’Avignon
  • Daniel Goujon, Université Jean Monnet, Saint Etienne
  • Pierre Tremblay, Université du Québec, Chicoutimi
  • José Luis Coraggio Universidad Nacional de General Sarmiento, Argentine
  • Luis Klein, Université de Montreal, Quebec, Canada
  • Angel Massiris, RIDOT, Colombie
  • Delfina Trinca, Universidad de Los Andes, Venezuela

Et des membres du comité de pilotage :

  • Eric Agbessi, UBP, Clermont Ferrand
  • Eric Dacheux, UBP, Clermont Ferrand
  • Nicolas Duracka, UBP, Clermont Ferrand
  • Gloria Maffet UBP, Clermont Ferrand
  • Rocio Prado UBP, Clermont Ferrand
  • Annie Sinda UBP, Clermont Ferrand
  • Khaled Zouari, UBP, Clermont Ferrand
  • María Elina Gudiño, Instituto CIFOT, UNCuyo- CONICET
  • Heliana Gómez Carrizo, Instituto CIFOT, UNCuyo- CONICET
  • Nélida Berón, Instituto CIFOT, UNCuyo- CONICET
  • Virginia Miranda, Instituto CIFOT, UNCuyo- CONICET
  • Gabriela Gimenez, Instituto CIFOT, UNCuyo- CONICET
  • Lucas Muñoz, Instituto CIFOT, UNCuyo- CONICET
  • Mercedes Muñoz, Instituto CIFOT, UNCuyo- CONICET
  • Lucía Cuello, Instituto CIFOT, UNCuyo- CONICET

Contacts des co-responsables du colloque :

Maria Elina Gudiño : marilyngudino@yahoo.com.ar, UNCuyo, Mendoza, Argentine
Gloria Maffet : gloria.maffet@univ-bpclermont.fr, UBP, Clermont Ferrand, France

Sites :
http://comsol.univ-bpclermont.fr
http://institutocifot.com

Textes des communications

Les textes des communications sont disponibles ci-dessous

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