1 - Thème 2 : l’espace public pluriel

Coordinateurs : Éric Agbessi et Sébastien Rouquette.
L’espace public jouit d’une reconnaissance en SHS. Terme polysémique, l’espace public est entendu ici comme l’espace de discussions et de débats citoyens sur les sujets communs d’une société. Les évolutions étudiées partent d’un constat partagé concernant l’augmentation et la diversification des formes de participations citoyennes dans l’espace public pluriel. Cette double évolution amène à s’interroger sur les questions suivantes et sur les interrelations entre les notions de fragmentation, de visibilité, de légitimité et de participation citoyenne.

Coordinateurs : Éric Agbessi et Sébastien Rouquette.

L’espace public jouit d’une reconnaissance en SHS. Terme polysémique, l’espace public est entendu ici comme l’espace de discussions et de débats citoyens sur les sujets communs d’une société. Les évolutions étudiées partent d’un constat partagé concernant l’augmentation et la diversification des formes de participations citoyennes dans l’espace public pluriel. Cette double évolution amène à s’interroger sur les questions suivantes et sur les interrelations entre les notions de fragmentation, de visibilité, de légitimité et de participation citoyenne :

  • Quelles sont les frontières du débat épistémologique autour de l’espace public pluriel ?
  • Un espace public fragmenté s’oppose-t-il à l’intégration citoyenne ?
  • Plus de visibilité donne-t-elle plus d’autorité ? Que cache la visibilité ?
  • Assistons-nous à l’émergence de nouvelles formes de participation et d’expression citoyenne et de formes d’autorité ?
    -  Si le périmètre des recherches menées autour de la problématique de l’Espace public pluriel en SHS recoupe largement des travaux sur l’espace public médiatique, ce périmètre relève également d’autres sphères telles que les débats menés dans et à l’occasion d’expositions artistiques, de micro-espaces locaux, des nouveaux espaces numériques non médiatiques, d’espaces publics de proximité autonomes en s’agissant d’initiatives de l’économie sociale et solidaire (ESS).

Questionnements et approches Quatre questionnements orientent les travaux du thème :

Visibilité

Il s’agit étudier la question de la visibilité et de l’invisibilité des groupes, des microgroupes, de leur représentativité dans l’espace public pluriel, de la matérialisation de leur visibilité, de leur influence sur les problématiques publiques et de leurs pratiques de communication traditionnelles et numériques. Pour étudier les questions de visibilité, les chercheurs de ce thème vont creuser les notions d’autorité, de notoriété, de légitimité, de (e) réputation. A l’heure des réseaux, on peut se demander en quoi la visibilité en ligne change la donne car elle suppose d’acquérir de nouvelles formes de compétences techniques (référencement et médiatisation des moteurs de recherche), l’obligation d’être régulier pour être visible en ligne. Les terrains d’enquêtes sont diversifiés : quelle est la visibilité des institutions et des organisations dans l’espace public, des minorités, des blogueurs ; quelle place est accordée aux sujets sensibles (tels que la couleur noire, les voilées, des questions dites sensibles comme le mariage homosexuel, les dons de RTT) ?

Participation citoyenne

Les Sciences de l’information et de la communication (SIC) ont saisi la question de la participation citoyenne et de la reconfiguration de l’espace public (Habermas, Wolton, Miège, Lecomte). Ce thème pose la question de la comparaison entre les formes de participations citoyennes classiques (par exemple : la place du militantisme dans l’activisme agricole, ou le militantisme socio-politique et citoyen) et l’émergence de nouvelles pratiques de participations médiatisées par les TIC (web social, blogs, sites de partages de contenus en ligne etc.). Sans adhérer au déterminisme technologique, assistons-nous à une reconfiguration de l’espace public pluriel à travers l’émergence du web social et le développement de nouvelles formes de militantisme en ligne, d’identités numériques ? Plusieurs terrains permettent de poser la question de la participation citoyenne. D’un côté Les initiatives d’ESS constituent aussi un terrain fertile d’engagements et de participations citoyennes qui contribuent à la démocratisation de l’économie. De l’autre, il sera intéressant d’étudier de manière comparée l’expression citoyenne dans les sociétés postrévolutionnaires tunisiennes, égyptiennes, yéménites. Parallèlement, en quoi l’open data peut-il modifier la participation citoyenne ? Comment mieux faire pour que le citoyen dispose d’une information numérique et médiatique facilitant la compréhension de ces données ?

Légitimité

Les formes de légitimités à l’expression publique sont impactées par ces reconfigurations. L’analyse des débats de société avait montré l’inégale légitimité à parler dans l’espace public télévisé. Avec l’avènement d’internet, les pratiques de légitimation, les lieux de l’autorité (RSN, réseaux professionnels) prennent de nouvelles formes. Ainsi, dans les métiers (journaliste, scientifique) comment en joue-t-on pour sa carrière ? Quels dispositifs donnent-ils plus d’autorité, les dispositifs classiques ou les nouveaux dispositifs numériques ? Plus de visibilité, notamment en ligne, donne-t-elle plus d’autorité ?

Fragmentation

La diversification et l’individualisation des formes d’accès, des conditions de participations citoyennes à l’espace public génèrent une forte augmentation des acteurs, des problématiques traitées et donnent lieu à un espace pluriel voire fragmenté. Cette fragmentation se perçoit à la fois dans l’émergence d’espaces publics locaux et de micro espaces publics numériques (forums, blogosphères très spécialisées...). Celle-ci soulève les questions de l’attention (comment générer de l’attention dans un espace public fragmenté) ? La fragmentation s’oppose-t-elle à l’intégration alors que par exemple dans l’économie sociale et solidaire ce sont les parties prenantes qui s’associent, qui constituent des lieux de débats et d’échanges où « la participation de chacun contribue à créer une communauté politique qui relie les individus sans les lier » (J.L. Laville) ? Comment l’influence sociale peut être un construit de normes dominantes au sein de l’espace public pluriel ? Comment peut-elle participer à la conduite du changement ?

Rapport avec le projet scientifique transversal du laboratoire. La thématique transversale du laboratoire porte sur l’espace public pluriel, la diversité et la citoyenneté. Les problématiques du laboratoire s’inscrivent pleinement dans cette thématique transversale

Lien avec les formations Les problématiques de ce thème font écho aux questions étudiées dans les cours et dans les mémoires de recherche des parcours de master Stratégies de Communication et Communication des associations et des collectivités territoriales et de la licence professionnelle Journalisme de proximité.